Salut Reader,
Je suis un boomer.
Enfin, pas tout à fait mais presque. J’ai l’âge de ceux qui ont grandi avec le Minitel, qui ont eu leur premier portable au lycée et qui trouvent que les jeunes d’aujourd’hui ne savent plus ce que c’est que de galérer pour construire quelque chose.
Et vous savez quoi ? Je l’assume.
Parce que vous n’aurez pas ma liberté de penser.
(Florent Pagny. Évidemment.)
"L'anecdote"
La semaine dernière, j’ai cherché un coach en mobilité pour une de mes vidéos. Quelqu’un de bien, qui démarre, qui a envie de se faire connaître.
Je lui propose d’apparaître sur ma chaîne YouTube. Mon audience cherche exactement ce qu’il propose : de la mobilité, du mouvement, du concret.
Des gens qui pourraient devenir ses clients demain. C’est un contenu qu’il gardera toute sa carrière, une preuve sociale immédiate.
Et par-dessus tout ça parce que je pense sincèrement que tout travail mérite salaire je lui propose d’être payé.
Sa réponse ?
Ce qu'il n'a pas vu
C’est là où je me sens vraiment boomer. Ce qu’il a raté, ce n'est pas juste un tournage, c’est tout ce qu’il y avait autour de ce tournage.
Venir bosser avec moi ce jour-là, c’était :
- Voir comment on prépare une vidéo.
- Comment on communique avec une équipe.
- Comment on choisit ses mots quand on parle à une caméra
depuis 8 ans.
C’était une masterclass privée offerte à quelqu’un qui n’avait encore jamais mis les pieds sur un tournage. Gratuite. En plus du reste.
Mais pour voir ça, il aurait fallu comprendre que la valeur d’une expérience ne se résume pas à ce qui est écrit sur le chèque.
Le pari sur soi-même
À mon tout début de carrière, on m’a proposé de faire de la télé régionale.
Je n’étais pas payé. Je n’avais ni expérience, ni visibilité.
Les règles étaient claires dès le départ, j’ai accepté.
Dans ma tête, je me disais :
"Ce n'est pas la télé régionale que je vise. Mais pour arriver sur un grand plateau un jour, j'ai besoin de m'entraîner."
- J'avais besoin de connaître les axes de caméra.
- J'avais besoin de comprendre la réalité d'un plateau.
- J'avais besoin d'appréhender le stress, de savoir ce que ça fait quand on est complètement pris au dépourvu, sans filet.
Pendant deux ans, j'ai bossé gratuitement pour apprendre le métier.
Plus tard, au départ de Major Mouvement, j'ai même perdu 40.000€
pendant le process de lancement.
Ce n’était pas de la naïveté. C’était un pari sur moi-même. J'acceptais de perdre du temps, de l'énergie et de l'argent pour pouvoir construire quelque chose qui tienne vraiment.
Le prix de l'apprentissage
Ce que je vois parfois, c’est une confusion entre la confiance en soi, qui est une qualité, et la surestimation de soi, qui est un piège.
En voulant négocier quatre cents euros de plus, ce coach s'est tiré une balle dans le pied. Il a perdu la visibilité, les prospects potentiels et, surtout, l'occasion d'apprendre quelque chose qu'aucun tarif n'aurait pu lui offrir.
Mon conseil de boomer est le suivant :
Si dès le départ vous voulez négocier pour quelques centaines d'euros, vous risquez de gagner quelques centaines d'euros. Au mieux.
Par contre, si vous prenez le pari d’apprendre, de prendre de l’expérience, d’investir sur vous-même, oui, le prix à payer ce sera du temps et de l'argent. Mais vous risquez de gagner beaucoup plus.
Les miennes ne payaient pas. Elles ont fini par tout payer.
Prenez soin de vous
Greg 😘