Salut Reader,
Scénario classique.
Tu as mal au genou depuis quelques semaines. Tu passes une radio. Une IRM. Tu attends les résultats. Et là, le médecin te dit :
"C'est pas grand chose, on ne voit pas grand chose."
Frustrant, non ?
Sauf que c'est souvent parfaitement normal. Et je vais t'expliquer pourquoi.
Parce que le genou, c'est mon articulation préférée.
Pas parce qu'elle est simple. Justement parce qu'elle est beaucoup plus complexe qu'elle n'en a l'air.
Et la première erreur qu'on fait tous quand on a mal au genou, c'est de croire que le problème vient... du genou.
Spoiler : pas toujours.
Le genou, c'est quoi au fond ?
C'est une articulation pivot. Un intermédiaire. Il est coincé entre ta cheville en bas et ta hanche en haut, et son rôle principal c'est de transmettre les forces du sol vers le reste du corps.
Autrement dit : il ne travaille jamais seul.
Et c'est exactement là que ça devient intéressant.
1️⃣ Ton genou articulaire
Tu as eu une entorse de cheville il y a 3 ans. Tu t'en souviens à peine. Elle est "guérie".
Sauf que ta cheville a perdu un peu de mobilité. Juste un peu. Pas assez pour que tu t'en rendes compte au quotidien, mais assez pour que les forces qui devraient se répartir sur 3 articulations : cheville, genou, hanche
se retrouvent à se répartir sur... 2.
Résultat ? Ton genou encaisse plus que sa part. Il compense.
Et un jour, il proteste.
Même logique avec des fessiers trop faibles. Si ta hanche ne fait pas son boulot, ton genou prend la surcharge. Et là aussi, ça finit par coincer.
Le message à retenir : quand tu as mal au genou, commence par regarder ce qui se passe au-dessus et en-dessous.
2️⃣ Ton genou sursolicité
Tu t'es mis à la course à pied. Super. Première sortie : 5 km. Tu te sens bien. Deuxième sortie : tu veux faire mieux. Plus vite. Plus loin.
Et là c'est le drame.
Le genou a une capacité d'adaptation. Mais elle est lente. Beaucoup plus lente que ta motivation du lundi matin.
La progression, ça se mesure en mois, pas en séances. Un mois à 2-3 km, puis un mois à 3-4 km. C'est long. C'est chiant. Et c'est exactement ce qui fait la différence entre celui qui court encore à 60 ans et celui qui arrête à 35 avec des genoux en vrac.
Ton genou n'est pas fragile. Il est juste honnête : si tu lui demandes trop vite, trop fort, trop longtemps, il te le dit.
3️⃣ Ton genou usé
Tu as passé une imagerie, et le verdict est tombé :
arthrose, ménisque abîmé, chondropathie.
Pendant des années, le discours médical c'était :
"Reposez-vous, évitez ce qui fait mal, ménagez-vous."
Génial. Sauf que c'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire.
Ton genou n'est pas un glaçon qui fond. Il ne se dégrade pas inexorablement parce que tu bouges. Au contraire : c'est le mouvement, dosé intelligemment, qui lui permet de cicatriser, de se vasculariser, de se renforcer.
L'exercice clé ? Le squat isométrique. Tu prends une charge légère (8 à 15 kg), tu descends à mi-chemin comme pour faire un squat, et tu tiens 30 secondes. Sans bouger. Sans douleur.
Oui, sans douleur. Ce n'est pas parce que tu ne ressens rien que ça ne travaille pas. C'est même tout le contraire.
4️⃣ La fausse douleur de genou
Celui-là, il est vicieux.
Tu as mal au genou. Tu fais les exercices. Tu suis les conseils.
Et rien ne change.
C'est peut-être parce que ton genou n'a rien. Le problème vient en réalité de ton nerf crural, un peu comme une sciatique, mais sur le devant de la cuisse et du genou.
Les indices ? Tu as mal après être resté assis longtemps. Le passage assis-debout est douloureux. Et si on te demande si tu as déjà eu des problèmes de dos... tu te souviens vaguement d'un épisode il y a quelques années.
Dans ce cas, traiter le genou ne servira à rien. Le problème vient de plus haut. Du dos. Du nerf.
La conclusion de tout ça ?
J'ai fait un article sur le genou en parlant très peu du genou.
Parce que c'est ça, la vraie leçon : le corps ne fonctionne pas en pièces détachées. Quand quelque chose fait mal quelque part, l'origine est souvent ailleurs.
Alors avant de te morfondre sur ton genou, pose-toi la question : est-ce que ma cheville est mobile ? Est-ce que mes fessiers sont forts ? Est-ce que j'ai progressé trop vite ? Est-ce que j'ai un vieux fond de dos qui traîne ?
Les réponses sont souvent là.
À bientôt, Greg 😘
Pour aller plus loin : J'avais creusé ce sujet en profondeur dans cette vidéo.
Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, elle est faite pour toi. ⬇️